Je ne suis plus en colère, ni même l'ésprit vengeur, mais seulement profondément triste...
Beaucoup de mauvaises choses se sont passées ces derniers temps. En effet, un de notre prof de théâtre, anciennement comédien au théâtre du soleil, a proposé à la promo de 3éme année de théâtre un stage avec Arta à la cartoucherie de Vincennes. Sur le moment ce stage me parut bien compliqué à organiser. Par sa localisation : Paris. Mais ne trouvant pas d'autre stage j'ai demandé à une des filles qui le fait de savoir comment cela s'organise pour finalement le faire. Elle me dit qu'il n'y a pas de souci.
Depuis longtemps je suis un grand admirateur du théâtre du soleil et du travail de Ariane Mnouchkine. J'adore ce qu'elle fait. J'ai toujours admiré sa motivation, ses idées et son idée d'un groupe uni, comme une famille. Ce désir d'un théâtre populaire mais de grande qualité. Cette empathie qu'elle a de l'humain, non de la pitié. Et finalement l'humanité qui déborde de ce personnage. Chose rare aujourd'hui. De plus, le hasard faisait que durant ces vacances je devais allé voir son dernier spectacle Les éphémères.
Le soir même, de cette décision prise pour aller faire ce stage (peut importe de payer le train aller-retour durant deux semaines) j'annonce la nouvelle Soizic qui partage ma joie. Tout se bouscule dans ma tête, enfin quelque chose se concrétise. Le théâtre du soleil n'était finalement qu'un fantasme pour moi, et pendant deux semaines j'allais pouvoir l'approcher.
Mais, le soir même, nous avons reçu un mail de cette même personne qui me dit en résumé : qu'il n'était plus possible de faire ce stage, qu'on était arrivé après la bataille. Que tout le mérite de ce stage leur revenait. Et que, de plus, nous ne pouvons le faire ensemble, car des tensions se sont dessinés ces derniers temps, donc il aurait était difficile de travailler ensemble.
Tout d'abord la colère explosa. De milliers de réactions firent surface. Pourquoi le mérite leur revenait, alors que le stage était proposé à tout le monde ? Pourquoi ne pas pouvoir travailler ensemble ? On ne travail jamais qu'avec une équipe qu'on aime. Généralement avec des gens qu'on supporte. Puis, pourquoi être si cruel ? Pourquoi détruire, comme ça, un rêve ?
Nous étions déterminer à le faire malgré tout. Nous étions contre cette réaction, finalement, purement égoïste. Car la seul motivation était de garder le mérite de ce stage pour mieux apprécier son prestige à deux. Peut-être que je me trompe.
Au retour du prof de son voyage au Brésil (voyage de recherche sur la tradition de l'acteur), nous avons eu la mauvaise nouvelle : nous ne pouvons pas faire ce stage.
Ce fut comme une bombe. Quelque part (même si cela peut paraître niais) un rêve a été détruit. Nous ne serons certainement jamais les vraies raisons. Mais nous pouvons en écrire des suppositions. Cet article n'est pas là pour accuser. Mais pour faire état de ce que je ressens. Un épisode de ma vie qui m'a profondément perturbé.
Souvent, quand j'étais plus jeune, on m'a dit que les gens étaient cruels. J'ai eu la preuve de cette cruauté. Par pur égoïsme des gens nous ont posé des obstacles. Rien d'autre pouvait les motiver. (Je ne dis pas que c'est à cause d'eux que je n'ai pas fait ce stage, mais seulement, qu'ils nous ont posé des barrières).
Finalement la fac reflète aussi le monde qui nous entoure. Un monde individualiste.
Je n'ai pas l'habitude sur ce blog de pleurnicher sur mon sort. Mais ceci m'a vraiment touché. Et je voulais partager, ce qui est pour moi un réelle désillusion en ce qui concerne le genre humain. On a toujours un lueur d'espoir à ce que l'Homme change, mais le comportement humain, restera éternellement comme cela : avec un coeur, seulement pour ce qui l'aime réellement. Et parfois c'est à dire : lui-même.